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Le Centre régional d’éducation physique et sportive est une vaste propriété dépendant du Ministère de la Jeunesse et des sports, situé à Châtenay-Malabry. Un grand parc avec une pièce d’eau. Divers bâtiments dont certains étaient en construction à l’époque. La directrice nous attendait à l’entrée du Centre. elle me confirme son appel,
avoir pris des mesures conservatrices et ajoute ce qu’elle hésitait à dire au téléphone
: « Personne ne peut aller là où je vous conduis, il n’y a aucun accès et pourtant,
nous entendons depuis environ une heure, quelqu’un marcher et déplacer
comme des meubles – J’ironise : alors c’est un fantôme – C’est le mot que
je n’osais prononcer, monsieur l’agent – Pensez-vous ! c’est un rigolo qui
cherche à vous faire peur. Voleur ou fantôme, nous allons voir. » C’était en juillet, en pleine canicule. Tout était calme, mais je voyais bien que ces personnes ne divaguaient pas, il s’était passé à cet endroit des événements insolites. A tout hasard, je fais le tour du bâtiment, et j’ai la confirmation des déclarations de la directrice : aucune issue possible. De plus, les bruits provenaient du dessus du plafond, pas de grenier au-dessus, pas de mobilier. Les jeunes filles s’agitèrent et m’appelèrent : « Le revoilà… le revoilà ! » Je laissais deux hommes dans le jardin avec mission d’interdire une éventuelle fuite et, avec le troisième, je retournais dans la grande salle. et là j’entendis, nous entendîmes tous, un individu qui marchait lourdement, scandant ses pas et traînant sur le plancher ce qui pourrait être un meuble lourd, un piano, par exemple. il n’y a pas de doute, un homme est là-haut, il faut y aller. « Mais, monsieur l’agent, il n’y a rien là-haut, pas de meuble, même pas de plancher. et par où est-il entré ? » en effet, par où, il n’y a pas d’accès ! si ! une trappe de visite des combles se trouve à quelque cinq mètres de hauteur : « Mais il faudrait une échelle, objecte la directrice, il n’y en a pas ici de cette dimension. » Le jardinier va nous en chercher une dans l’atelier. Pendant ce temps, nous écoutons, impuissants, le raffut de notre hôte indésirable qui semble nous défier d’aller lui faire cesser son numéro de sorcellerie. Lorsque nous avons l’échelle, les bruits ont cessé depuis quelques instants, mais notre homme ne peut qu’être encore là-haut. Les sentinelles extérieures me confirment que personne n’est sorti. il faut y aller. Je monte à l’échelle, suivi de mon équipier. La trappe résiste juste ce qu’il faut, j’ouvre et je suis saisi par une chaleur étouffante. Le grenier, ou plutôt le vide sanitaire entre les poutrelles métalliques et le toit de tuiles non isolé est une fournaise, mais entièrement vide. De plus, comme me l’avait assuré la directrice, il n’y a pas de plancher. sous les poutrelles, seulement un plafond léger qui ne demande qu’à crever sous la pression de la plus faible pesée. Des tuiles transparentes assurent une luminosité parfaite, aucune cache possible… et il n’y a personne ! Par acquit de conscience, nous inspectons toute la surface. rien, il n’y a rien ! Dégoulinants de sueur, nous redescendons, incapables de donner une explication à nos requérantes, tout de même rassurées et amusées par leur aventure. Nous aussi. De retour au commissariat de sceaux, tout le monde nous écoute et ne comprend pas plus que nous. C’est dans la presse locale que nous apprendrons une hypothèse d’un technicien du bâtiment qui supposait que la chaleur caniculaire de cet été pouvait avoir dilaté la charpente métallique et causé les bruits que nous avions entendus. J’étais quand même un peu déçu de ne pas avoir été au contact de mon ectoplasme ! Beaucoup plus tard, le 28 février 2005, j’accompagnais une excellente amie à l’accrochage de son exposition de photos d’art dans les salons du Creps. en passant devant la pièce d’eau, je lui racontais mes exploits de jeunesse. Mais ce jour-là, pas de canicule, le lac était gelé, la neige recouvrait les pelouses, comme un linceul de fantôme ! Lorsqu’elle lira ces lignes, elle se reconnaîtra. |
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